
02/02/2026
1962 PORSCHE 804 FORMULE 1
La dernière Porsche engagée en Formule 1 est aussi la seule à obtenir une victoire historique dans le Grand Prix de l’ACF 1962
Bien qu’encore jeune au début des années 1960, la firme allemande Porsche figure déjà dans le palmarès de nombreuses compétitions automobiles, y compris en Formule 1, même si les premières épreuves ne rapportent pas de résultats enthousiasmants. Les efforts de la marque de Stuttgart dans la catégorie reine réservée aux monoplaces commence en 1958 avec un modèle dérivé de la 718, et se poursuit avec quelques autres voitures développées dans ce but. La dernière, la 804, décroche une victoire au cours de l’unique saison à laquelle elle participe, celle de 1962, avant que la firme n’abandonne cette discipline en raison d’une modification du règlement annoncée pour l’année suivante.

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Destinée à remplacer la 787 pour la saison 1962, la Porsche 804 fait ses débuts en Formule 1 à Zandvoort dans le Grand Prix des Pays Bas. Sur les deux monoplaces au départ, la meilleure tangente la zone des points en se classant 7e, pilotée par le Suédois Jo Bonnier, tandis que l’autre 804, confiée à l’Américain Dan Gurney, abandonne sur casse de son sélecteur de vitesse. Porsche marque un point grâce à l’écurie privée Maarsbergen, qui finit à la 6e place avec la 718 pilotée par Carel Godin de Beaufort, tandis que la 787 du gentleman driver Ben Pon abandonne suite à un tête-à-queue après deux tours. Les choses ne s’améliorent pas dans le GP de Monaco où l’unique 804 engagée, celle de Dan Gurney, est mise hors course après un accident peu après le départ. Quelques semaines plus tard, en Belgique, aucune des nouvelles monoplaces n’est au départ. La seule Porsche classée est la 718 de l’écurie hollandaise, pilotée par de Beaufort, qui finit septième.

Le 8 juillet 1962, Dan Gurney remporte le Grand Prix de l’ACF sur le circuit de Rouen en donnant à Porsche sa première et unique victoire en Formule 1.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Le sursaut intervient dans la quatrième épreuve, le GP de l’ACF, sur le circuit de Rouen : aux qualifications, Gurney et Bonnier obtiennent respectivement les 6e et 7e positions. Mais en course, il en va autrement : si Bonnier se retire après 43 tours sur problème de boîte de vitesses (il sera classé dixième), son coéquipier Gurney réussit à tenir tête aux BRM plus aguerries (qui rapporteront en fin de saison le titre Constructeurs à la marque anglaise) et aux Cooper Climax en offrant à Porsche, après 2 heures et 7 minutes de course, une première victoire en Formule 1. Dans les deux épreuves suivantes, Gurney signe les meilleurs résultats de Porsche en terminant neuvième en Grande‑Bretagne et troisième au GP d’Allemagne, des courses qui pour Bonnier se soldent par un abandon et une septième place.

Au premier plan, la Porsche 804 n° 7 de Dan Gurney au Grand Prix d’Allemagne dans lequel le pilote américain conquiert la pole aux qualifications, mais finit troisième derrière la BRM de Graham Hill et la Lola de John Surtees.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Ces épreuves encourageantes ne permettent ni à Dan Gurney ni à Porsche de monter sur le podium du championnat des pilotes ou des constructeurs. Gurney recueillera des points dans l’avant-dernière manche de la saison, le GP des États-Unis, grâce à une 5e place, alors que Bonnier, après tant d’abandons, réussira à décrocher une 6e place dans le GP d’Italie disputé sur le circuit de Monza trois semaines après la manche américaine. À la fin de la saison, Gurney et Porsche sont 5e dans les classements généraux : le pilote américain réussit à précéder son compatriote, et champion du monde sortant, Phil Hill tandis que Porsche a la satisfaction de prendre la 5e place à la Scuderia Ferrari. Ces deux équipes terminent en réalité la saison avec 18 points chacune, total calculé en ne retenant que les cinq meilleurs résultats de chaque pilote et de chaque constructeur. Mais sur le terrain, Porsche a réussi à obtenir un placement et un point de plus (correspondant au résultat de Bonnier à Monza) que l’écurie de Modène, ce qui lui permet d’atteindre la 5e place ex-æquo dans la Coupe Internationale des Constructeurs.

Dan Gurney négocie le virage du Nouveau Monde (lent et pavé) à Rouen au cours du Grand Prix de l’ACF 1962, qu’il gagne avec un tour d’avance sur la Cooper Climax du Sud-Africain Tony Maggs et deux sur la BRM de Richie Ginther.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

Départ du Grand Prix d’Allemagne : la voiture de Gurney portant le n° 7 est à gauche en partie masquée par un caméraman sur un escabeau.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Quand il rejoint Porsche en 1961, Daniel « Dan » Sexton Gurney a déjà connu deux saisons en Formule 1 au cours desquelles il a couru, sans gagner mais en obtenant deux podiums, d’abord pour la Scuderia Ferrari puis pour BRM. La victoire de 1962 avec la Porsche 804 est donc le premier succès personnel du New-Yorkais en Formule 1. Au cours des années suivantes, il obtiendra trois autres victoires, deux en 1964 avec Brabham et une avec Eagle en 1967, après quoi il rejoindra McLaren où il achèvera sa carrière en 1970. Les meilleurs placements de Gurney dans le championnat des pilotes sont des quatrièmes places en 1961 avec Porsche et en 1965 avec Brabham.

L’Américain Dan Gurney a participé à quinze Grands Prix avec l’équipe Porsche entre 1961 et 1962, remportant une victoire et une pole position (respectivement en France et en Allemagne en 1962) et obtenant un total de cinq podiums.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
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