
18/04/2026
Porsche 911 SC RS
Préparée à la demande de Rothmans, la 911 Groupe B de 1984 finit deuxième dans le championnat d’Europe des Rallyes et obtient des victoires au Moyen-Orient
Au début des années 1980, les réussites sportives les plus importantes pour Porsche sont réalisées en endurance, où les prototypes dérivés de la 911 dans les catégories Grand Tourisme continuent de remporter des victoires. La 911 est un modèle polyvalent qui s’illustre aussi dans d’autres disciplines, dont le rallye comme l’ont montré les RS et les SC 2.7 et 3.0 au cours des années précédentes. Le sponsor Rothmans, avec lequel Porsche est associé pour les compétitions sur circuit, demande à la firme de Stuttgart de développer une 911 à faire homologuer en Groupe B pour acquérir plus de notoriété dans les épreuves courues sur terre. C’est ainsi que naît la 911 SC RS.

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Le Groupe B est une catégorie dans laquelle la FIA fusionne en 1982 les Groupes 4 et 5, en acceptant les voitures dérivées de la série mais en accordant plus de liberté pour les modifications. L’équipe Porsche-Rothmans choisit de ne pas s’engager dans les épreuves du calendrier mondial, dominées par des prototypes comme la Lancia 037 et où s’impose la traction intégrale, une technique que Porsche n’est pas prête à adopter. La marque décide de participer au championnat d’Europe des rallyes (ERC), où elle affronte notamment la 037 et la Renault 5 Turbo. La 911 RC RS possède les caractéristiques des précédentes 911 SC 3 litres, adaptées au nouveau règlement en ce qui concerne la carrosserie et l’augmentation de puissance. La voiture connaît cependant des maladies de jeunesse qui entraînent pannes, casses et abandons, malgré les préparations effectuées avec la société de David Richards, firme rebaptisée Prodrive, et le choix de pilotes du niveau de Henri Toivonen, qui la conduit en 1984 pour l’équipe officielle en évitant les engagements dans les manches du championnat que dispute la Lancia 037.

Une des 911 SC RS de l’équipe officielle Rothmans-Porsche, vue ici au Festival of Speed à Goodwood en 2006.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Le calendrier de l’ERC propose en cours d’année une cinquantaine d’épreuves offrant la possibilité de marquer des points au classement général, même si les pilotes inscrits ne peuvent participer au maximum qu’à une dizaine de courses. Henri Toivonen participe à neuf d’entre elles, à commencer par deux épreuves espagnoles, les rallyes Costa Brava et Costa Blanca, où la fragilité de la voiture le contraint à l’abandon sur accident ou pannes.

Fait plutôt rare, les 911 SC RS ont couru très longtemps. On voit ici un exemplaire utilisé par le Néo-Zélandais Mark Hellier au Rallye Rotorua 2016.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
La situation s’améliore dans les deux épreuves suivantes en France, le Rallye des Garrigues et le Critérium Alpin-Behra, où il se repositionne avec une deuxième et une troisième places au général, tandis qu’au Circuit d’Irlande dont Rothmans est aussi sponsor, un problème de boîte de vitesses entraîne un nouvel abandon. Toivonen se rachète en remportant le Rallye Costa Smeralda et en terminant deuxième à Albena en Bulgarie. Il signe ensuite deux importantes victoires en Belgique au Rallye 24 Heures d’Ypres et au Portugal dans le Rallye Vin de Madère où il récolte les points qui lui permettront d’assurer la deuxième place du classement mondial, derrière l’Italien Carlo Capone sur Lancia 037. Entre ces deux succès, la SC RS s’impose aussi au Rallye des 1 000 Pistes en France mais l’épreuve ne compte pas pour le championnat d’Europe.
La 911 SC RS de compétition obtient d’autres succès dans les courses du moins célèbre championnat des rallyes du Moyen-Orient (MERC) que remporte, en 1984 et 1985, le pilote Saheed Al-Hajri victorieux avec cette voiture des Rallyes de Dubaï et de Jordanie et, par deux fois, ceux d’Oman et du Qatar tandis qu’en 1987, il termine quatrième et deuxième du classement en triomphant en Jordanie, au Koweit, puis de nouveau au Qatar.

Henri Toivonen (à droite, bras levé) et Juha Piironen célèbrent leur victoire dans le Rallye Costa Smeralda 1984.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Le nom du pilote finlandais est tragiquement lié aux voitures du Groupe B. L’accident qui lui coûte la vie en 1986 en Corse avec une Lancia Delta S4 est, avec celui dont a été victime Attilio Bettega en 1985 avec une 037, un des deux drames qui décident la FIA à éliminer le Groupe B en arrêtant l’escalade à la puissance des voitures prototypes. Avant de devenir pilote de Lancia en 1985, Henri Toivonen avait fait partie de l’équipe Talbot puis, lors des saisons 1982 et 1983, de l’écurie Rothmans avec laquelle il collabora encore en 1984 en pilotant la Porsche 911 SC RS dans le championnat européen, tout en procédant aux premières expériences avec la Lancia 037. Au cours de sa carrière, Toivonen totalise trois victoires au niveau mondial dont deux au Rallye de Grande-Bretagne (RAC), en 1980 avec la Sunbeam Talbot Lotus et en 1985 avec la Lancia Delta S4. C’est avec cette dernière qu’il remporte aussi le Rallye de Monte-Carlo, épreuve inaugurale de la saison 1986 qu’il ne terminera pas.

En haut, Henri Toivonen et son navigateur britannique Paul White fêtent sur leur Sunbeam Talbot Lotus leur succès dans le Lombard RAC Rallye 1980, première victoire du Finlandais dans le championnat mondial.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
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