
19/04/2026
Porsche 962C
Après le dernier assaut de Porsche au Mans en 1988, la 962C gagne avec des écuries privées comme Joest et remonte sur le podium dès 1989
Après le succès dans le championnat du monde des Sport-Prototypes en 1985, Porsche a la satisfaction de voir sa 962C dominer de nouveau la discipline l’année suivante même si l’équipe officielle doit se contenter de la troisième place derrière les écuries privées Brun et Joest. En 1987, Jaguar s’impose, laissant aux Allemands seulement deux courses dont les 24 Heures du Mans. L’année suivante, Porsche tente de nouveau, mais sans succès, de vaincre en France bien qu’elle ait renoncé au championnat. La tâche d’affronter Jaguar ou Sauber dans le championnat du monde revient donc aux écuries privées avec lesquelles la 962 Groupe C brille encore pendant quelques années.

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Dans l’histoire de l’endurance, la liste des succès de la 962 figure parmi les plus longues pour un seul modèle. Outre les deux titres mondiaux en 1985 et 1986 avec la version 962C homologuée dans le Groupe C FIA, la 962 peut se vanter de trois championnats IMSA GTP (1985, 1986 et 1987), des compétitions pour lesquelles elle est initialement développée et qu’elle dispute à partir de 1984. En ne comptant que les courses, avec les diverses variantes modifiées par les écuries privées, le total de ses victoires avoisine 200. Parmi celles-ci, on citera les deux succès du Mans (sans oublier celui de 1994 obtenu par sa descendante, la Dauer 962), cinq triomphes à Daytona et quatre aux 12 Heures de Sebring. En ce qui concerne les écuries privées, l’équipe allemande Joest, partenaire de longue date de Porsche et l’une des plus couronnées de la catégorie reine de l’endurance (actuellement, la plus titrée au Mans avec 13 triomphes, soit plus que l’écurie Porsche officielle), engage un premier modèle dans le championnat IMSA GTP à partir de 1986, suivi par quelques 962C utilisées surtout dans le championnat Intersérie. C’est là que survient le premier succès à Hockenheim avec Klaus Ludwig, en prélude à celui de Zeltweg obtenu par Bob Wollek, qui triomphe aussi en 1988 aux 500 km de Kyalami et en 1989 à la Supercup du Nürburgring, dans la manche de Silverstone et aux 480 km de Dijon. La même année, l’équipe Joest se présente au Mans avec trois voitures confiées respectivement à Bob Wollek et Hans-Joachim Stuck, à l’équipage 100 % français Henri Pescarolo, Jean-Louis Ricci et Claude Ballot-Léna, et à Pierre‑Henri Raphanel associé aux Allemands Frank Jelinski et Louis Krages, gentleman-driver allemand qui court sous le pseudonyme de « John Winter ».

L’équipe Joest dans le paddock des 24 Heures du Mans 1989 procède aux derniers préparatifs de la 962 qui prendra la troisième place.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
La présence de la 962 dans cette édition est imposante : une vingtaine d’exemplaires au départ en plus des Joest en comptant les autres équipes comme Brun, Schuppan, Richard Lloyd, Jochen Dauer et Kremer, qui en aligne une version modifiée. Dans cette épreuve marquée par beaucoup d’éliminations et d’abandons, l’équipe allemande est la seule qui termine avec deux voitures sur trois à l‘arrivée classées dans les places d’honneur : Wollek et Stuck au volant de la numéro 9 montent sur la 3e marche du podium derrière deux Sauber-Mercedes tandis que leurs collègues français sur la numéro 8 finissent 7e au général.

La parade finale des 24 Heures du Mans 1989 avec la Porsche 962 de Stuck et Wollek derrière les deux Sauber-Mercedes C9. L’écart avec la seconde Sauber n’est que de deux tours.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
L’année suivante, Stuck, Jelinski et Derek Bell terminent à la quatrième place derrière une autre 962, de l’équipe Alpha Racing. En 1991, une 962 pourtant dans la phase déclinante de sa carrière se permet encore de vaincre à Daytona : c’est une voiture de l’équipe Joest confiée à un quintette de pilotes composé de Wollek, Jelinski, Pescarolo, « John Winter » et Hurley Haywood.

La victoire de la 962C n° 7 de l’équipe Joest aux 24 Heures de Daytona 1991, première manche du championnat IMSA GT. À côté et derrière elle, on voit la Porsche 962C de l’équipe Wynn’s (troisième) et la Spice SE99P de Tom Milner Racing, onzième.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Les pilotes qui offrent à la 962 une de ses dernières réussites au Mans sont des vétérans. Hans-Joachim Stuck a accompagné la voiture tout au long de son existence, puisqu’il totalise à son volant huit participations au marathon sarthois (sur une vingtaine en tout) ; lors de la dernière, il porte à la troisième place la deuxième Dauer dans l’édition victorieuse de 1994. À son palmarès, qui compte aussi six saisons en Formule 1, l’endurance est la discipline où il remporte ses plus beaux succès. Champion du monde en Sport-Prototypes en 1985, il gagne plusieurs fois à Sebring et obtient un titre de champion d’Allemagne en Tourisme (DTM) en 1990. Quant à son coéquipier français, Robert « Bob » Wollek, un des pilotes les plus appréciés par la marque Porsche, les 24 Heures du Mans sont à l’origine de ses plus grands regrets car à quatre reprises, entre 1978 et 1990, il finit sur la deuxième marche du podium sans jamais décrocher la victoire absolue. En revanche, il gagne quatre fois les 24 Heures de Daytona entre 1983 et 1991 et une édition des 12 Heures de Sebring (1985), ville où il décède en 2001 victime d’un accident de la route en rentrant chez lui à bicyclette après une séance d’essais. Son palmarès comporte un titre de champion d’Europe des pilotes d’endurance en 1983 et 11 victoires en Sport-Prototypes et GT.

En haut, Hans-Joachim Stuck (à gauche) et Bob Wollek fêtent leur troisième place au Mans en 1989. Ils disputeront ensemble les éditions 1996 et 1997 avec Thierry Boutsen comme troisième pilote sur une 911 GT1 de l’équipe officielle.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
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