
23/01/2026
Audi R18 e-tron quattro
Reine quasi incontestée des 24 Heures du Mans où, depuis 2000, elle s’est adjugée toutes les éditions sauf deux, Audi développe en 2011 une nouvelle LMP1 à gazole : la R18 TDI. Sur la base de ce modèle, apparaît l’année suivante la version hybride e-tron quattro qui s’impose encore trois fois en décrochant aussi les deux premières éditions du WEC, le nouveau championnat du monde d’endurance.
La R18 TDI est l’héritière directe des R10 TDI et R15 TDI qui perpétuent le succès des R8 à essence, ne cédant que l’édition 2009 à ses rivales de Peugeot. Il s’agit d’une voiture entièrement réétudiée pour répondre au nouveau règlement qui impose, entre autres, une réduction de la cylindrée. Audi remplace le V10 turbo diesel de 5,5 litres par un V6 de 3,7 litres mono turbo capable de délivrer 550 ch. La marque pense déjà à l’évolution réglementaire suivante qui, en 2012, permettra d’introduire la technologie hybride ; elle choisit un moteur plus compact afin de dégager l’espace nécessaire pour les futurs composants électriques et les dispositifs de récupération d’énergie.

Avec la R18 e-tron quattro, en 2012 Audi associe le rendement du diesel à celui de l’hybride, dominant ainsi trois éditions consécutives des 24 Heures du Mans et la première des deux saisons du WEC.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
La R18 TDI s’impose par un succès partiel. Elle gagne au Mans, bien que la voiture victorieuse confiée à Marcel Fässler, André Lotterer et Benoît Tréluyer (auteurs de la pole aux qualifications) soit la seule des trois voitures engagées par les équipes officielles Joest / North America à rallier l’arrivée. Toutefois, au classement final de la Coupe Internationale Le Mans (disputée cette année-là sur sept circuits dont celui de la Sarthe), elle est battue par la Peugeot 908.

1. L’énergie récupérée au freinage est stockée dans un accumulateur électrique installé sommairement à côté du pilote et doté d’un système de refroidissement supplémentaire.
2. L’Audi e-tron quattro est dérivée de la R18 TDI de 2011, déjà étudiée en fonction de l’introduction du système hybride prévu pour les saisons suivantes.
3. Le système e-tron quattro associe au V6 TDI arrière un essieu avant électrique qui utilise en phase d’accélération l’énergie récupérée lors des freinages. Le règlement impose que la traction intégrale ne soit activée qu’au dessus de 120km/h.
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En 2012, Audi prouve l’excellence de son interprétation du règlement permissif de l’hybride. Par prudence, elle engage en plus de la nouvelle R18 e-tron quattro une voiture diesel non hybride, la R18 Ultra. L’e-tron est le premier prototype Audi à traction intégrale, une nouveauté autorisée par le règlement de l’ACO qui permet d’utiliser sur les hybrides un moteur électrique agissant sur le train avant.

1. Les suspensions sont à doubles bras sur toutes les roues, mais les ressorts avant sont sollicités par un système push-rod avec bras de réaction tandis que celles de l’arrière sont à bras tirés (pull-rod).
2. Pour gagner du poids et compenser les masses ajoutées par le système hybride, la R18 e-tron quattro de 2012 est dotée d’une boîte de vitesses dont le carter est fabriqué en carbone.
3. Par rapport au précédent V10 5.5 de la R15, le moteur V6 3.7 de la R18 n’est alimenté que par un seul turbo à géométrie variable installé entre les bancs de cylindres ouverts à 120°.
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Les Audi e-tron remportent le premier championnat WEC pour les LMP1 avec cinq victoires et trois deuxièmes places sur huit épreuves, presque le double des points récoltés par leurs uniques rivales directes, les Toyota TS030 Hybrid animées par des moteurs V8 à essence « électrifiés » et à roues arrière motrices. Après ces réussites, aux 24 Heures du Mans l’équipe Audi Joest engage deux R18 e-Tron plus une R18 Ultra et une autre du même type sous les couleurs d’ Audi Sport North America. La course, menée avec une certaine sérénité par Audi en raison de l’abandon des Toyota, toutes deux hors course après un peu plus de 130 tours, voit la victoire des deux e-tron suivies par l’ Ultra de l’écurie North America tandis que celle de Joest finit cinquième derrière la Lola de Rebellion Racing. L’équipage vainqueur est encore composé de Fässler, Lotterer et Tréluyer, qui précèdent Allan McNish, Rinaldo « Dindo » Capello et Tom Kristensen.

A. La R18 e-tron quattro, ici au Mans, fait ses débuts dans la deuxième course du WEC 2012, les 6 Heures de Spa. À Sebring, c’est encore la R18 TDI de 2011 qui court.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
La R18 e-tron quattro clôture la période de domination d’Audi, sans avoir pu réaliser un triplé : la même équipe gagnera encore au Mans en 2014 (avec un moteur porté à 4 litres), mais en terminant deuxième du championnat WEC, tandis qu’en 2013, la victoire dans la Sarthe comme au Mondial revient à McNosh et Kristensen associés à Loïc Duval.

B. De gauche à droite : André Lotterer, Marcel Fässler et Benoît Tréluyer, premiers au Mans en 2011 avec la R18 TDI comme en 2012 avec la e-tron.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

C. Aux 24 Heures du Mans 2012, Joest et North America (équipes officielles Audi) alignent deux R18 e-tron quattro et deux R18 Ultra, remportant l’intégralité du podium plus la 5e place.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
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