
18/12/2025
BMW V12 LMR
La victoire de la McLaren F1 propulsée par son V12 aux 24 Heures du Mans 1995 éveille les appétits de BMW qui, après avoir soutenu deux ans de plus l’équipe anglaise, décide de s’engager avec sa propre voiture. Mais la victoire n’arrivera qu’après un an et au prix d’une importante évolution.
La première version de la BMW V12 LM est construite à partir du moteur qui a fait de la McLaren F1 une grande voiture. Mais à la différence de cette dernière et de ses rivales les plus crédibles (comme la Mercedes-Benz CLK LM et la Porsche 911 GT1-98), elle n’est pas une GT1, mais plutôt un prototype de la catégorie LMP1. Pour la produire, BMW se tourne vers Williams avec laquelle elle a un accord de collaboration pour accéder à la Formule 1 à partir de 2 000. L’usine anglaise développe une barquette dotée de caractéristiques de base intéressantes, mais qui présente quelques défauts, si bien que ses débuts, aux 24 Heures du Mans 1998, sont un semi-désastre avec l’abandon des deux voitures engagées après quelques dizaines de tours. Les partenaires engrangent toutefois une précieuse expérience pour l’année suivante et préparent la V12 LMR, une voiture presque totalement refondue, surtout au niveau de la carrosserie, qui récompense leurs efforts. Engagée dans la série American Le Mans, elle commence par remporter les 12 Heures de Sebring avec J.J. Lehto, Tom Kristensen et Jörg Müller, alors que la seconde voiture, pilotée par Yannick Dalmas, Pierluigi Martini et Joachim Winkelhock, abandonne suite à un accident.

Même si le châssis et la mécanique ne sont pas modifiés, les deux V12 LMR de 1999 (dont la n° 15 qui remporte la course) ne sont pas obtenues en « transformant » les V12 LM précédentes, mais construites à partir de zéro.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
En mai, lors des essais du Mans qui évaluent les qualifications avant la course de juin, BMW engage trois voitures qui se classent 4e, 7e et 24e. Deux mois plus tard, lors des 24 Heures, les deux BMW V12 LMR obtiennent aux qualifications la 3e et la 6e places sur la grille. Entre-temps, la catégorie GT1 a été supprimée car les voitures, grâce à un règlement très permissif, sont plus proches d’un prototype que d’un type routier dont elles devraient découler. L’ACO a créé la catégorie LMGTP dans laquelle courent les voitures à carrosserie fermée qui sont issues des GT1. Initialement, celles-ci se montrent les plus rapides, surtout la Toyota GT-One qui s’empare de la pole position. Sa rivale directe, la Mercedes-Benz CLK LM, connaît de graves problèmes d’aérodynamique et, après une série de terrifiants décollages en qualifications et en début de course, qui, heureusement, laissent les pilotes indemnes, l’équipe opte pour le retrait. La lutte pour la victoire se limite donc à un duel entre BMW et Toyota qui semble tourner à l’avantage de la première avant qu’elle ne rencontre des problèmes techniques. À quelques heures de l’arrivée, la V12 LMR de Kristensen, Lehto et Müller abandonne sur accident ; la seconde, passée au commandement, doit résister aux attaques de la Toyota d’Ukyo Katayama qui lui reprend des secondes tour après tour. Dans la phase finale, les deux équipes jouent le tout pour le tout ; mais si BMW se contente de confier le volant au pilote le plus rapide, Pierluigi Martini, Toyota choisit de raccourcir les arrêts ravitaillement en supprimant les changements de roues. Cette décision est fatale car la fatigue des pneus, dont l’un explose à quelques tours de la fin, empêche Katayama de continuer sa remontée sur la V12 LMR de Martini, le condamnant à la deuxième position.

1. Contrairement à la V12 LM de 1998, sur la LMR l’air de refroidissement est pris sur le dessus de la carrosserie et pas au-dessous. D’où l’avant surbaissé et les prises d’air ouvertes dans le museau et les ailes.
2. Alors qu’avant elle couvrait tout l’habitacle, la structure de sécurité anti-retournement est déplacée sur la droite derrière le siège du pilote.
3. Le poids de la V12 LMR est inférieur à 900 kg, minimum imposé par le règlement ; il permet à BMW de positionner les lests en optimisant l’équilibre des masses.
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1. Comme d’habitude, l’aileron arrière est plus simple pour Le Mans et génère moins d’appui aérodynamique.
2. L’alimentation en air du moteur est assurée par une seule prise à périscope installée sur le côté droit.
3. Le moteur V12 atmosphérique de 6 litres S70/3, une évolution du groupe monté sur la McLaren F1 GTR, développe un peu moins de 600 ch équipé de la bride réglementaire sur l’admission.
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A. Le style « asymétrique » et les solutions aérodynamiques de la V12 LMR ont inspiré de nombreux autres prototypes. Le petit phare supplémentaire « spot » placé devant la planche de bord est également caractéristique. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

B. Le premier équipage pour Le Mans 1999 : Yannick Dalmas, Pierluigi Martini et Joachim Winkelhock.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

C. La voiture châssis n° 003/99 signe une seule victoire, aux 24 Heures du Mans, mais deux deuxièmes places : une au Petit Le Mans de Road Atlanta et une au Grand Prix de Las Vegas.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
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