
30/01/2026
Ligier JS2
Par rapport à la JS1, la JS2, deuxième création de Guy Ligier, naît comme une sportive de route destinée à la course, mais ses capacités sont limitées par la faible fiabilité du moteur d’origine Citroën-Maserati. La situation s’améliorera en 1975, sa dernière année, avec l’arrivée du réputé Cosworth DFV qui lui permet de frôler la victoire au Mans.
Cette édition des 24 Heures du Mans est marquée par le défi que se lancent deux petits constructeurs, Ligier et Gulf-Mirage, avec deux voitures équipées du même moteur. La Gulf Mirage Ford Cosworth, qui porte le nom de son sponsor, est née en 1967 des cendres de Ford Advanced Vehicles, le département britannique de Ford USA responsable de la GT40, alors repris par John Wyer et John Willment. Ils commencent par développer les mêmes GT40, rebaptisées Mirage-Ford M1, M2 et M3, et les mènent à la victoire avec l’écurie J.W. Automotive Engineering lors des éditions 1968 et 1969 des 24 Heures du Mans, avant de travailler sur de nouveaux prototypes dotés de différents moteurs.

La livrée blanche et bleue de la JS2 inaugurée en 1974 remplace la livrée jaune et verte de BP, mais l’écurie Ligier ne sera sponsorisée par Gitanes et Total qu’en 1975.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
L’histoire de Guy Ligier appartient plus ou moins à la même période. Ancien joueur de rugby et pilote, Guy Ligier abandonne la compétition en 1968 suite au décès accidentel de son ami Jo Schlesser, pour se lancer comme constructeur. Il débute en 1969 avec la JS1 dont le nom rend hommage à Schlesser en reprenant ses initiales. Produite à très peu d’exemplaires, dont un pour la course qui participe à des épreuves en 1969 et 1970, la voiture sert de base à la JS2 fabriquée à partir de 1971 qui donne également lieu à un type dérivé de la compétition. Guy Ligier voudrait des moteurs Ford Cosworth, mais ils lui sont refusés pour éviter toute concurrence avec des modèles tels que la Ford GT70. Il obtient l’appui de Citroën, qui a pris le contrôle de Maserati et lui offre le bloc de la SM : un V6 de 2,7 litres porté à 3 litres qui délivre 330 ch. La JS2 (que Ligier, abandonnant sa retraite, pilote en course à plusieurs reprises jusqu’en 1974) se montre peu satisfaisante malgré une importante révision aérodynamique en 1973. Lors de ses premières saisons, elle accumule les abandons souvent liés à un manque de fiabilité du moteur et n’obtient que quelques placements. Les premiers succès arrivent en mars 1974, quand Guy Chasseuil remporte les 4 Heures du Mans, la course courte qui complète le week-end des essais de printemps sur le circuit sarthois. À la fin de l’année, deux JS2 triomphent au Tour de France automobile.

1. Par rapport à la version de route, la JS2 de course est dotée d’une carrosserie plus longue et d’appendices aérodynamiques plus importants.
2. Sur le toit, une grande écope périscopique à trois entrées sert à refroidir le compartiment moteur.
3. La carrosserie dessinée par Frua et fabriquée en résine et fibre de verre est améliorée sur le plan aérodynamique dès 1973 grâce à la collaboration de Citroën, qui fournit aussi le moteur.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

1. L’aileron arrière comporte un élément réglable soutenu par deux supports supplémentaires.
2. La Ligier JS2 version course possède le même châssis monocoque que celui de la version route, mais il est construit en aluminium et non pas en acier.
3. Le moteur V8 Cosworth DFV de 3 litres parvient à développer une puissance maximale de 460 ch, soit 130 de plus que le V6 d’origine Maserati utilisé avant 1975.
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Pour 1975, Ligier obtient enfin des moteurs Ford Cosworth DFV, un modèle très répandu en Formule 1 et en Endurance, avec lequel il gagne une septième place aux 1000 km du Mugello et une sixième aux 800 km de Dijon, épreuve préparatoire aux 24 Heures du Mans, qui reste l’objectif principal de la saison. Cette fois deux voitures sur trois abandonnent, mais la troisième, confiée à Guy Chasseuil associé à Jean-Louis Lafosse, entame un duel passionnant avec la Gulf-Mirage GR8, duel mené aussi au niveau de la durée des arrêts aux stands car les deux voitures connaissent des problèmes techniques. La lutte est finalement remportée par les rivaux Jacky Ickx et Derek Bell qui s’imposent avec moins d’un tour d’avance sur la JS2, tandis que l’autre Gulf GR8, avec Vern Schuppan et Jean-Pierre Jaussaud au volant, se classe troisième.

A. Une des deux JS2 à moteur Citroën-Maserati de Ligier aux 24 Heures du Mans 1974. Pilotée par Guy Chasseuil et Michel Leclère, elle abandonne sur problèmes de soupapes. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

B. Guy Ligier inspecte le moteur de la JS2 révisée aux 24 Heures de 1975. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

C. Départ des 24 Heures du Mans 1975. De gauche à droite, la Ligier JS2 de Chasseuil/Lafosse et la Mirage/Gulf GR8 de Schuppan/Jaussaud. Toutes deux propulsées par Cosworth, elles terminent 2e et 3e derrière la Mirage de Jacky Ickx et Derek Bell. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
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