
18/12/2025
Nissan GT-R LM Nismo
En 2015, Nissan tente de récrire les règles de la série reine de l’endurance avec un prototype qui reprend le nom de sa célèbre supercar, la GT‑R, mais expérimente une architecture inhabituelle à moteur et roues motrices à l’avant. L’échec est à la hauteur de la prise de risque. Après le faux-pas du Mans, la voiture achève aussitôt sa carrière.
Le développement de ce prototype naît de la volonté de Nissan de jouer l’innovation, un engagement qui lui vaut un rôle majeur dans le programme Garage 56 du Mans auquel elle participe depuis 2012 avec la réalisation de la DeltaWing et de son évolution hybride ZEOD RC. De plus, la marque fournit des moteurs pour les catégories LMP2 et LMP3. En résumé, la GT-R LM Nismo, vaguement inspirée de la supercar de route au succès phénoménal, la GT-R « R35 », représente en quelque sorte la cerise sur le gâteau des activités sportives de Nissan. L’intention est de la faire débuter dans la première épreuve de la saison d’endurance, les 6 Heures de Silverstone prévues en avril. Mais les problèmes de mise au point obligent l’équipe à sauter cet engagement, tout comme le suivant, les 6 Heures de Spa-Francorchamps qui se disputent au début du mois de mai. Le baptême de la piste a lieu quelques semaines plus tard directement au Mans à l’occasion des essais de fin mai auxquels participent trois voitures officielles sous les numéros 21, 22 et 23. La meilleure est la troisième, qui se classe dix-huitième avec un temps au tour se situant dans la moyenne des LMP2 et bien loin des performances des LMP1 que doit affronter la GT-R LM Nismo. Les deux autres finissent encore plus loin avec les 29e et 32e temps.

La GT-R LM Nismo n° 22 de Harry Tincknell, Michael Krumm et Alex Buncombe est la seule des trois qui ont pris le départ des 24 Heures du Mans 2015 à finir la course.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Ce qui manque au prototype, ce n’est pas tant la vitesse de pointe, avec des chronos de plus de 360 km/h, que son comportement en courbe, son efficacité et sa fiabilité. Il en résulte des temps au tour supérieurs de 20 secondes à ceux des autres LMP1. Le problème se pose lors des 24 Heures dès les qualifications où deux des trois GT-R LM Nismo terminent dernières des LMP1, tandis que la troisième se retrouve dépassée par la meilleure des LMP2, l’Oreca 05 de l’écurie KCMG propulsée, ironie du sort, par un V8 Nissan. De plus, du fait que leurs temps se trouvent majorés de plus de 10 % par rapport au temps de référence de leur catégorie, le règlement veut qu’elles soient reléguées en fond de grille des LMP entre la trentième et la trente deuxième position, juste devant les GTE.

1. Le dessin de l’arrière de la GT-R LM Nismo, développé avec davantage de liberté que celui des autres LMP, se caractérise par un profond double canal.
2. Avec un moteur positionné devant l’habitacle reculé, l’équipe Nismo, le département sportif de Nissan, a conçu une suspension arrière innovatrice dotée d’une barre antiroulis hydraulique.
3. L’architecture mécanique particulière conditionne les dimensions des pneus, plus larges à l’avant, plus étroits à l’arrière.
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1. Le V6 biturbo de plus de 500 ch est développé par Nissan sur la base du 3 litres série VX de production avec la collaboration de Cosworth. C’est un moteur doté d’une fonction structurelle, c’est-à-dire solidaire du châssis dont il contribue à augmenter la rigidité.
2. Le système de propulsion à traction avant comprend un dispositif de récupération et de restitution d’énergie cinétique à volant Torotrak. La puissance en pointe annoncée par Nissan est d’un peu plus de 1 200 ch.
3. Deux des trois voitures de Nissan engagées au Mans en 2015 sont finies en rouge. La troisième, sous le n° 21, est en revanche peinte en bleu, blanc et rouge en hommage à la R90CK partie en pole position en 1990.
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During the race, the situation did not improve. The best Nissan, the No. 22 driven by Harry Tincknell, Alex Buncombe and Michael Krumm, struggled to finish the race after only 242 laps, not qualifying because of insufficient distance. The other two gave up due to technical problems. The #21 car with Tsugio Matsuda, Lucas Ordóñez and Mark Shulzhitskiy threw in the towel after 115 laps due to a suspension failure, while the #23 car, driven by Max Chilton, Jann Mardenborough and Olivier Pla, completed just over twice that number of laps before being forced out of the race by a gearbox failure. The evident failure of the project convinced Nissan to withdraw from the remaining series of the championship.

A. Deux des GT-R LM Nismo aux essais. Dès les tests officiels de fin mai au Mans, les trois Nissan se montrent plus lentes que les autres LMP1.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

B. Bien qu’elle soit présente à l’arrivée de la course, la voiture n° 22 ne boucle que 242 tours, soit moins de 70 % de la distance de la voiture gagnante (395 tours), et elle n’est donc pas officiellement classée.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

C. Malgré des résultats décevants, la GT-R LM Nismo a néanmoins mérité d’être exposée dans le musée des 24 Heures du Mans.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
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