
18/04/2026
Porsche 911 carrera RSR
Abandonnant la 917, Porsche développe une 911 Carrera RS « gonflée » qui sème la terreur pendant des années dans les championnats FIA et IMSA
Après le coup d’arrêt imprévu qui frappe les voitures Sport en stoppant la domination de la 917 et en forçant la toujours efficace 908 à courir avec les Prototypes, Porsche se concentre de nouveau sur les modèles dérivés de la série et décide de développer une nouvelle version de compétition de la 911 appelée 911 Carrera RSR. Cette voiture, présentée en fin d’année en vue de la saison 1973, découle de la Carrera RS 2,7 litres, mais reçoit un moteur et une caisse préparés selon le règlement du Groupe 4. Homologuée par conséquent en catégorie Sport jusqu’à 3 litres et en classe IMSA GTO, elle commence immédiatement à gagner sur les deux fronts.

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L’intention de Porsche est d’offrir la RSR aux écuries privées, mais quelques exemplaires de pré-production sont utilisés par la marque au début de 1973. Les deux premières débutent aux 24 Heures de Daytona, une épreuve comptant pour le championnat du monde Sport-Prototypes qui, cette année-là, est appelé Championnat du Monde des Marques et que Porsche a remporté de 1969 à 1971 avec les 908 et les 917. Les deux voitures sont confiées à des écuries partenaires : l’équipe Penske dont les volants sont tenus par les très efficaces Mark Donohue et George Follmer (qui ont déjà remporté la Can-Am avec les 917/10 ; le premier dominera cette même saison avec la surpuissante 917/30) et l’écurie Brumos. Les premiers, classés douzièmes aux qualifications, sont contraints à l’abandon, tandis que la RSR Brumos n° 59 pilotée par Peter Gregg et Hurley Haywood (tous deux pilotes de la 917/10), partie huitième, obtient une surprenante victoire absolue en arrivant nettement devant des voitures de catégorie GT dotées de moteurs plus puissants, comme la Ferrari 365 GTB/4 « Daytona » et la Chevrolet Corvette. Fin mars, à Vallelunga, l’équipe officielle se présente avec deux voitures aux couleurs du Martini Racing, qui obtiennent les septième et huitième places. Le même week-end, Haywood et Gregg gagnent avec la voiture n° 59 aux 12 Heures de Sebring qui, cette année-là, ne figurent plus au calendrier du championnat mondial des Sport-Prototypes, mais à celui du championnat IMSA GT organisé par la fédération américaine. L’équipe appartient à Dave Helmick qui court comme troisième pilote. Les deux autres RSR inscrites, celle de l’écurie Toad Hall et celle de Far West Racing, terminent deuxième et quatrième.

Dans les rues du Mans, des 911 Carrera RSR en route vers le départ des 24 Heures 1973. Au premier plan, l’officielle pilotée par Reinhold Joest et Claude Haldi, qui abandonneront.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Ensuite, les 911 Carrera RSR collectionnent victoires et bons placements dans les deux compétitions, ainsi que dans l’Intersérie et d’autres courses mineures. Les Martini « officielles » remportent les 4 Heures du Mans lors des essais d’avril (la deuxième voiture arrive quatrième) et la Targa Florio avec Herbert Müller et Gijs van Lennep, tandis qu’en IMSA GT, la Brumos de Peter Gregg, qui sera champion à la fin de l’année, gagne à Road Atlanta et aux 250 Miles de Daytona en novembre. Les succès suivants sont dus aux autres écuries comme Penske avec Mark Donohue (vainqueur de la Course 1 à Riverside) ou Bob Harmon Racing qui triomphe dans la Trans-Am de Lime Rock avec Milt Minter.

La 911 Carrera RSR de l’écurie Brumos avec ses mécaniciens avant la victoire aux 24 Heures de Daytona 1973.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Porsche engage également la RSR en 1974, tout en poursuivant ultérieurement son développement avec un moteur porté à 3 litres et un aileron agrandi. Mais entretemps, la marque commence aussi à travailler sur un bloc suralimenté de 2,1 litres qui court en Groupe 5. Cette RSR Turbo permet d’expérimenter la 911 Turbo de route, c’est-à-dire la 930 et ses célèbres dérivées, les 934 et 935. De leur côté, les écuries privées continueront d’utiliser la RSR à moteurs de 2,8 et 3 litres pendant encore plusieurs années.

On voit ici la 911 Carrera RSR Martini Racing de Herbert Müller et Gijs van Lennep en route vers la victoire (avec un peu de chance) dans la Targa Florio 1973.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
L’année 1973 est l’âge d’or de Peter Gregg : il signe la victoire au général à Daytona et à Sebring (et une troisième place de catégorie au Mans) ; en fin d’année, il remporte le championnat IMSA GT catégorie GTO, titre qu’il confirme les deux années suivantes, avant deux autres succès, en 1978 et 1979, dans la nouvelle catégorie GTX. À Daytona, il collectionnera en tout quatre victoires, en ajoutant à celle de la première saison, les années 1975, 1976 et 1978. Au Mans, son palmarès affiche deux troisièmes places absolues (1977 et 1978) au volant des Porsche 935 et 936. Le premier placement coïncide aussi avec la victoire de catégorie en Groupe 5.
Hurley Haywood partage avec Gregg de nombreuses réussites comme la victoire en catégorie GTU, la catégorie cadette du championnat IMSA GT en 1971, et les deux victoires de Daytona (épreuve à laquelle il participera jusqu’en 2012) de 1973 et 1975 auxquelles s’ajoutent les succès en 1977, 1979 et 1991, toujours sur Porsche. Parmi ses autres exploits : trois victoires aux 24 Heures du Mans (il gagne en 1977 et 1983 sur 936 et 956, et en 1994 avec la Dauer 962).

Hurley Haywood (à gauche) et Peter Gregg (à droite) soulèvent la coupe remportée aux 24 Heures de Daytona 1973. C’est leur premier succès dans cette épreuve.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
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