
19/04/2026
Porsche 911 GT3 RS
Évolution de la 911 GT3 R de 1999, la RS obtient non seulement des succès de catégorie au Mans, mais aussi des victoires absolues à Daytona
La Porsche 911 série « 996 » lancée en 1997 est révolutionnaire par sa conception et le passage au moteur refroidi par liquide. Avec elle, Porsche développe une nouvelle version de compétition, homologuée en fonction du règlement FIA GT3, qui entre en vigueur au printemps 1999 sous le nom de 911 GT3 R. Cette voiture signe aussitôt de remarquables résultats dans le championnat FIA GT comme aux 24 Heures du Mans, où elle remporte sa catégorie deux années de suite. L’année 2001 voit l’arrivée de la 911 GT3 RS qui poursuit cette moisson de succès (et pas uniquement dans sa catégorie) avec différentes équipes qui engagent plusieurs exemplaires dans le championnat FIA GT et d’autres compétitions.

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La saison 2001 débute avec les essais officiels de janvier à Daytona (en réalité, l’histoire retient la participation d’une voiture au Final Test de 2000), auxquels participent sept 911 GT3 RS. Engagées par cinq écuries différentes, dont l’allemande Seikel Motorsport (la seule avec l’américaine The Racers Group à inscrire deux voitures), elles se placent toutes entre les 34e et 56e places. À la fin du mois, l’équipe de Stuttgart obtient sa première victoire au Brésil (elle récidivera l’année suivante). Quelques jours plus tard, aux 24 Heures de Daytona, deux des GT3 RS, dont l’effectif au départ atteint 12 voitures, prennent les 2e et 3e places pour les équipes White Lightning et Freisinger. Cette fois, l’écurie Seikel décroche une honorable 5e place avec les pilotes Gabrio et Fabio Rosa, Alex Caffi et Fabio Babini. La berlinette Porsche enchaîne dès lors places d’honneur, victoires et premières places de catégorie dans de nombreuses courses dont les 12 Heures de Sebring avec l’écurie Alex Job, les 6 Heures de Watkins Glen avec G&W et les 1000 km d’Estoril de nouveau avec Freisinger. Entre‑temps, l’équipe Seikel Motorsport signe deux triomphes successifs dans les épreuves d’endurance où elle remporte la première place de catégorie aux 1 000 km de Monza et aux 24 Heures du Mans, en prenant respectivement les 7e et 6e places au général.

La 911 GT3 RS de l’équipe britannique PK Sport est l’une des dix présentes aux essais d’avril 2004 au Mans, où elle obtient le 47e temps.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Au Mans, si les 911 GT3 RS constituent la quasi-totalité des voitures engagées dans la catégorie LMGT, elles trouvent une adversaire redoutable dans la Callaway C12-R, une GT très élaborée à moteur avant dérivée de la Chevrolet Corvette et engagée en compétition par l’équipe Aspen Knolls MCR qui, en qualifications, devance les dix Porsche et obtient le meilleur chrono de la catégorie. Toutefois la situation n’est pas la même en course pour l’américaine, qui abandonne avant le centième tour pour un problème de surchauffe, laissant le champ libre aux allemandes. Des deux Seikel, le succès historique obtenu à la suite des prototypes Audi, Bentley, Chrysler/Dallara et Reynaud revient à la voiture n° 33 pilotée par Gabrio Rosa, Fabio Babini et Luca Drudi, presque le même équipage que celui qui était à l’honneur à Monza, avec Drudi à la place de Fabio Rosa. Derrière eux, à moins d’un tour, vient le meilleur équipage de Freisinger composé des Français Romain Dumas et Philippe Haezebrouck et de l’Américain Gunnar Jeannette, capables de tenir en respect la première des Corvette officielles qui remporte la catégorie LMGTS. Derrière celle-ci arrivent 4 autres Porsche dont le deuxième équipage de Seikel composé de Tony Burgess, Max Cohen-Olivar et Andrew Bagnall qui obtiennent la 12e place au général et la 6e de leur catégorie.

Aux 500 km de Silverstone 2002, la meilleure GT3 RS est celle de l’équipe Autorlando Sport, treizième absolue et deuxième de sa catégorie.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
L’année 2002 est encore plus satisfaisante pour la 911 GT3 RS, qui domine sa catégorie dans presque toutes les épreuves d’endurance, alors que les honneurs de l’histoire reviennent à l’équipe d’Alex Job avec trois victoires (Sebring, Road America et Petit Le Mans) et au Racers Group qui s’impose à Daytona et au Mans tout en étant toujours privé de podium. Pour Seikel, les plus grandes satisfactions dans la catégorie sont une 2e place à Sebring et une 4e au Mans. En 2003 l’histoire est plus ou moins la même, mais cette fois avec les succès de l’expérimenté Racers Group qui enregistre une importante victoire absolue à Daytona avec les pilotes Kevin Buckler, Michael Schrom, Timo Bernhard et Jörg Bergmeister, reléguant à 9 tours la Ferrari 360 Modena GT de leurs rivaux de Risi Competizioni. Quelques mois plus tard, Freisinger obtient le même résultat aux 24 Heures de Spa avec Stéphane Ortelli, Marc Lieb et Romain Dumas devant la Ferrari 550 Maranello de BMS. En 2004, la 911 GT3 RS bénéficie d’une petite mise à jour qui lui apporte un léger gain de puissance. La R comme la RS se battront encore pendant quelques années avant l’arrivée d’une nouvelle évolution de la 996 de compétition, la RSR.

Deux 911 GT3 R s’affrontent sur le circuit d’Adélaïde dans la dernière manche de la Série Le Mans Asie Pacifique en 2000.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Les trois pilotes qui remportent la catégorie GT en 2001 au Mans ont connu un parcours assez semblable. Le plus ancien des trois est Gabriele « Gabrio » Rosa, de Bergame, né en 1954. Après une expérience en rallye, il se consacre aux courses d’endurance à partir des années 1990. Son nom est lié à Porsche, surtout à partir de 1999 quand il commence à courir au volant de la 911 993 GT2 puis avec la 996 GT3 R pour les équipes Haberthur et Seikel en participant aux courses européennes et à l’American Le Mans Series. Il dispute trois fois les 24 Heures du Mans entre 2000 et 2004, son meilleur résultat étant celui de 2001.
Les expériences de Fabrio Babini, né à Faenza en 1969, vont du championnat FIA GT à l’ALMS et à la Formule 3. Il participe plusieurs fois au Mans où il obtient deux 2e places de catégorie en 2008 et 2009 au volant de la Ferrari F430 de l’écurie BMS.
Quant à Luca Drudi, né en 1962 à Rimini, le bon résultat de 2001 fait suite à celui de 1998 avec l’écurie Oreca avec laquelle il remporte la victoire en catégorie GT2 au volant d’une Chrysler Viper GTS-R partagée avec Justin Bell et David Donohue, deux « enfants de la balle », fils des légendaires Derek Bell et Mark Donohue.

Luca Drudi (au centre) célèbre la 11e place absolue et la première de la catégorie GT2 obtenue aux 24 Heures du Mans 1998 avec la Viper de l’écurie Oreca. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
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