
18/12/2025
TWR Porsche WSC-95
Au vu des succès de Dauer et de McLaren, pour 1996 Porsche choisit de miser sur la 911 GT1 pour son retour au sommet dans la catégorie reine. Mais ce rêve s’évanouira face à un prototype que la marque a voulu faire sien, puis abandonné, et qui profitera de son moteur deux fois de suite.
Ce prototype s’appelle TWR Porsche WSC-95. Il a été construit en deux exemplaires sur décision de la firme allemande qui a voulu l’engager dans le championnat IMSA World Sports Car 1995, sans y mettre autant de moyens que d’habitude. En fait, à Stuttgart, on préfère concentrer les ressources sur le développement de la 911 GT1, destinée à courir dès 1996 dans la catégorie GT1, qu’un règlement permissif rend aussi compétitive que les prototypes, mais qui découle « formellement » des voitures de série et garantit un retour en termes d’image beaucoup plus efficace dans une optique commerciale. La construction des prototypes est confiée à Tom Walkinshaw Racing qui, à cause du budget limité, part de deux châssis de la XJR-14 victorieuse (entre-temps « recyclés » pour construire les Mazda MXR-01 en 1992). Les voitures sont transformées de coupés en barquettes dans le respect des spécifications de la catégorie LMP1 et dotées du moteur « Mezger » de la 956/962, juste à temps pour participer aux essais de Daytona avant d’en être empêchées par un changement de règlement inopiné imposant une réduction de puissance et une augmentation de poids qui les rend non compétitives.

La WSC-95 n° 7 gagne au Mans en 1996 avec l’équipage composé de Alexander Wurz, Davy Jones et Manuel Reuter. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Ces deux voitures intéressent aussi l’écurie de Reinhold Joest, désireux de courir au Mans dont il est absent depuis 1993, année où il a participé avec la 962. Joest obtient de Porsche que les deux prototypes, qu’il a fait adapter par TWR selon les nouvelles spécifications LMP1, soient envoyés sur le circuit de la Sarthe pour les essais de fin avril 1996 où ils obtiennent les cinquième et dixième temps absolus. Lors des essais de juin, les deux voitures s’inscrivent parmi les plus rapides en prenant la première et la sixième positions sur la grille, tandis qu’en course, elles démontrent la réussite de l’alliance des châssis et des moteurs, pas vraiment nouveaux mais encore valables. Le six cylindres boxer de trois litres est moins puissant que le 3,2 litres monté sur la 911 GT1, mais il est plus fiable, sobre en carburant et léger, des qualités qui entraînent moins de contraintes sur les suspensions et les pneus au point d’imposer la WSC-95 face à la GT1 de Porsche. La gagnante n’est pas la détentrice de la pole, la n° 8 de Michele Alboreto, Pier Luigi Martini et Didier Theys, qui abandonne après 300 tours sur panne électrique ; c’est l’autre voiture, la n° 7 de Davy Jones, Alexander Wurz et Manuel Reuter, qui tient en respect les deux Porsche officielles et trois McLaren F1. Non content de ce succès, Joest récidive l’année suivante en engageant de nouveau la voiture gagnante. On s’attend à une revanche des GT1 de la part de Porsche, qui a continué l’évolution de la 911, et de McLaren et Nissan. Mais de nouveau, la fiabilité récompense la WCS-95 qui, avec Michele Alboreto, Tom Kristensen et Stefan Johansson, s’attribue la pole position et la victoire finale, devant deux McLaren F1. Après ce triomphe, la WSC-95 gagne encore une fois à Donington Park avec Johansson et Martini.

1. Le nouveau règlement LMP1 impose d’adopter sur la TWR Porsche WSC-95 des solutions aérodynamiques plus simples, raison pour laquelle l’aileron avant ancré sur les ailes de la Jaguar est supprimé.
2. Le passage de l’habitacle fermé de la XJR-14 à un habitacle ouvert a imposé des modifications structurelles, mais il offre plus de confort au pilote.
3. Les grandes prises d’air sur les pontons ont été créées pour mieux alimenter le moteur biturbo qui demande plus d’air que le Ford-Cosworth atmosphérique d’origine.
© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

1. Une des modifications les plus importantes introduites par TWR sur le châssis d’origine Jaguar concerne la suppression des conduits aérodynamiques sous la voiture, remplacés par le fond plat réglementaire.
2. Par rapport à la Jaguar XJR-14 dont elle découle, la TWR Porsche WSC-95 a un aileron arrière monoplan au lieu d’un élément biplan.
3. Le moteur Porsche boxer de 3 litres a nécessité quelques modifications pour être monté à la place du V8 Cosworth antérieur.
© IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

A. La future gagnante négocie la courbe Dunlop aux 24 Heures du Mans 1996, qu’elle terminera avec un seul tour d’avance sur la Porsche 911 GT1 de Stuck, Boutsen et Wollek. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

B. La même WSC-95 en lutte avec une Ferrari F40 LM en 1996. La consommation et la fiabilité du moteur Porsche 3.0 seront de précieux atouts lors de l’édition suivante en 1997. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés.

C. La TWR Porsche WCS-95 talonne la Porsche 911 GT1 de Karl Wendlinger, Yannick Dalmas et Scott Goodyear qui finira troisième sur la ligne d’arrivée. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés.
Recent articles