Les 141-R, les années 1958-1960 et l’apothéose

15/10/2025

Les 141-R, les années 1958-1960 et l’apothéose

Les 141-R, les années 1958-1960 et l’apothéose

Les électrifications n’ont pas cessé de progresser en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais les 141-R n’en ont pas souffert, portées par leurs qualités de robustesse, de maniabilité, de simplicité de conduite et d’entretien.

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Mais c’est surtout leur très bas prix de revient qui est remarquable, alors qu’une électrification est ruineuse : il faut compter en milliards de francs pour la pose des caténaires et des sous-stations. Quant au coût d’achat des locomotives électriques avec leur technologie évoluée, il est deux fois plus cher.

Les 46 dépôts équipés de 141-R

Le chiffre est incroyable, pour un amateur actuel : 46 dépôts de la SNCF se partagent les 1 320 141-R en service au début des années 1960. Parmi ces 46 dépôts, pas moins de 7 en ont plus de 50 ! C’est le cas à Avignon, Blainville, Blancarde (Marseille), Chalons, Nevers, Nîmes et Vaires. Chassées d’un dépôt à un autre du fait des progrès de la caténaire, les 141-R ne disparaissent pas pour autant, mais mettent fin dans d’autres dépôts aux carrières de vieilles locomotives dont certaines remontent jusqu’aux anciennes compagnies nées parfois au xixe siècle. C’est ainsi que l’on voit, un peu partout en France, des 141-R assurer tout ce qui roule sur des rails SNCF : trains de travaux, trains de ballast, mais aussi trains de voyageurs omnibus ou express, trains de marchandises lourds ou trains de messageries de tous les poids et longueurs.

La 141-R N° 192, avec son bogie arrière Delta et ses quatre essieux moteur à roues à rayons, encore en service dans les années 1960. Le mécanicien prend la pose avec fierté. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

La 141-R N° 192, avec son bogie arrière Delta et ses quatre essieux moteur à roues à rayons, encore en service dans les années 1960. Le mécanicien prend la pose avec fierté. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

Les lignes des 141-R dans les années 1960

Dans la région Est, on voit beaucoup de 141-R entre Belfort et Delle, autour de Mulhouse ou de Sarreguemines, tandis que dans la région Nord, cela se passe autour de Calais et sur la ligne de Calais à Dunkerque, Béthune à St-Pol et vers Étaples ou entre Creil et Beauvais, mais aussi sur le bassin de la Sambre ou entre Valenciennes et Cambrai et Douai. C’est le cas aussi sur les lignes rayonnant autour d’Aulnoye. Dans la région Ouest, les 141-R roulent entre Dol et Folligny, Plouaret et Lannion autour de Cholet. Région Sud-Est, ancien réseau du glorieux PLM, les « R » ont envahi les lignes historiques autour de St-Etienne ou roulent entre Dôle et Tavaux, Mouchard et Frasne, ou encore sur les lignes d’Évian au Bouveret, ou autour de Nîmes et particulièrement sur la rive droite du Rhône ou aussi de Livron à Veynes, de Marseille à Veynes sur la ligne des Alpes, de Cavaillon à Pertuis, de Nice à Breil, etc.

La carte des dernières lignes encore assurées en traction vapeur en 1970. Pour les 141-R, les années sont comptées sur les doigts d’une main : il ne leur reste que quelques belles lignes régionales et transversales. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

La carte des dernières lignes encore assurées en traction vapeur en 1970. Pour les 141-R, les années sont comptées sur les doigts d’une main : il ne leur reste que quelques belles lignes régionales et transversales. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

Vapeur contre vapeur : les 141-R chassées par les 241-P

Mais les 141-R vont peu à peu et durant les années 1960 abandonner et céder aux caténaires leurs lignes les plus actives comme celles de Longueau-Arras-Lille et surtout Dole-Vallorbe. Elles résistent encore pour un temps sur les lignes de Paris-Beauvais-Le Tréport ou Paris-Soissons-Laon ou sur la grande transversale Amiens-Rouen. Enfin les progrès des caténaires vont libérer un grand nombre de puissantes 241-P, aptes à la traction de trains de voyageurs rapides et lourds à 120 km/h :  les 241-P libérées par les électrifications de Paris-Lille arrivent au Mans et s’emparent des beaux trains de voyageurs de la région Ouest vers Brest ou Nantes. De même on les retrouver à Vierzon, chassant les « R » des belles relations vers Tours, Clermont-Ferrand ou Montluçon. Mais les années de triomphe des 241-P sont également comptées et dès les années 1970 la traction vapeur aura presque complètement disparu du réseau ferré national.

Locomotive type 141. Série 141-R-1 à 141-R-1340, vue au dépôt de Creil sur le magnifique pont tournant. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Document Jacques Renaud.

Locomotive type 141. Série 141-R-1 à 141-R-1340, vue au dépôt de Creil sur le magnifique pont tournant. © IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Document Jacques Renaud.

Au début des années 75, la locomotive N° 141-R-232 assure encore un express régional dans la région Nord composé avec les belles voitures dites « C-11 Nord » à portières latérales et caisse galbée.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

Au début des années 75, la locomotive N° 141-R-232 assure encore un express régional dans la région Nord composé avec les belles voitures dites « C-11 Nord » à portières latérales et caisse galbée.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

La 241-P de la SNCF, la dernière des belles

Cette très belle locomotive se fait remarquer sur les lignes principales de la SNCF qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ne sont pas encore électrifiées mais qui voient passer des trains de voyageurs rapides et lourds et qui ont besoin de locomotives performantes.

Il y a urgence…

La SNCF décide de construire, notamment, une nouvelle série de locomotives de type 241 déviées du type PLM 241 C de 1930. Le choix d’une telle machine ne manque pas de surprendre les experts de l’époque dans la mesure où la SNCF aurait pu continuer à construire des 240-P qui sont plus puissantes ou construire en série des locomotives type 242-A-1 qui développaient au moins 2 000 ch de plus que les 24- P.

La 241-P-9 en tête d’une remarquable rame de voitures DEV-Inox, sans doute pour un train d’association d’amateurs, vu le nombre de têtes dépassant dangereusement des fenêtres.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

La 241-P-9 en tête d’une remarquable rame de voitures DEV-Inox, sans doute pour un train d’association d’amateurs, vu le nombre de têtes dépassant dangereusement des fenêtres.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

Besoin impérieux de trains rapides et lourds

Mais ces 241-P sont construites entre 1948 et 1949 par les établissements Schneider, au Creusot, et elles sont immédiatement engagées sur la ligne de Paris à Marseille, pas encore électrifiée mais dont l’électrification vient de commencer. Elles ont pu développer des puissances estimées à environ 3 000 ch. On signale des trains de plus de 800 tonnes remorqués à 110 km/h en rampe de 5 pour mille sur la ligne de Nevers à Moulins, ce qui aurait demandé environ 4 000 ch. Construites à 35 exemplaires en 1948-1949, elles termineront leur carrière à la fin des années 1960.

La 241-P-4 et son équipe de conduite. Le chauffeur s’en tient modestement au port du béret.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

La 241-P-4 et son équipe de conduite. Le chauffeur s’en tient modestement au port du béret.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

La gare du Nord dans les glorieuses années 1950. Ce que l’on appelle « le fond de gare » (« tête de quai » pour les profanes) est encore très bien fréquenté par les fleurons de la belle cavalerie vapeur Nord, avec une 230 et des « Pacific » Chapelon. On notera les belles voitures « C-11 » Nord, avec la mixte-fourgon à guérite qui est rare.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

La gare du Nord dans les glorieuses années 1950. Ce que l’on appelle « le fond de gare » (« tête de quai » pour les profanes) est encore très bien fréquenté par les fleurons
de la belle cavalerie vapeur Nord, avec une 230 et des « Pacific » Chapelon. On notera les belles voitures « C-11 » Nord, avec la mixte-fourgon à guérite qui est rare.© IXO Collections SAS - Tous droits réservés. Crédits photo © Collection Trainsconsultant-Lamming

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